ÉDITO
Éloge du temps long
Nous fêtons cette année nos vingt ans d’existence des vins de LA CHAUME. Si 2004 est bien l’année de la toute première bouteille vendue au tout premier client, de fait, le début de l’aventure a débuté sept années plus tôt en 1997 avec la plantation des tous premiers plants de vigne. N’y voyez pas là une quelconque forme de coquetterie pour se rajeunir, car ce sont bien sept longues années de travail et d’investissement qui auront été nécessaires pour faire aboutir ce que l’on peut appeler un projet de vie(s). En effet, ce sont sept personnes qui œuvrent quotidiennement à la destinée du domaine. Un chiffre sept, biblique, mythique et sacré, celui de la complétude.
Quand a débuté la création du vignoble, il fallut se rendre à l’évidence, l’affaire serait longue, périlleuse et donc risquée. D’autant plus aventureuse que, premier facteur aggravant, nous avions fait le choix délibéré d’élaborer des vins à matière avec des élevages longs. Un choix qui venait en opposition au chant des sirènes du moment, ne prétendant le succès que par la vinification de vins dits « glouglou », aussi vite vinifiés que commercialisés : un contrepoint de notre projet d’élaborer sur ce terroir vierge, des vins qui respirent le lieu qui les fait naître. Une autre difficulté fut le choix de trouver un équilibre de production qui ne surexploite pas le terroir avec la recherche de rendements faibles. Cet objectif nous heurtait d’emblée à l’équation économique, toujours prévalente, de produire toujours plus et moins cher. Si à cela, on ajoute la sortie à cette même époque d’un tout premier article de presse paru dans le journal de la Vendée qui nous affublait du sobriquet de « domaine de nulle part », nous avions là, vous l’aurez compris, le parfait cocktail détonant pour entamer une longue route avant de pouvoir conquérir le succès…
Mais comme le dit si bien le proverbe : « Si tu veux creuser ton sillon droit, accroche ta charrue à une étoile ! ». Alors oui le chemin fut long, souvent laborieux, mais exaltant. Les obstacles du départ franchis, notre parcours singulier et la production de nos vins de mémoire nous apportent une notoriété grandissante et nous permettent, en la circonstance d’une production déficitaire, grâce aux stocks constitués, de satisfaire nos clients.
En cette date anniversaire, client(e)s et ou ami(e)s, de la première ou de la dernière heure, toute l’équipe du Prieure La Chaume vous remercie très chaleureusement de votre fidélité et vous souhaite tous ses meilleurs vœux 2025.
UNE DÉMARCHE SINGULIÈRE POUR DES VINS NATURES, NOURRICIERS ET DE MÉMOIRE.
Le pari
Il débute en 1997 avec la création de toute pièce sur une ancienne île du marais poitevin, sur un terroir vierge de toute vigne, d’un vignoble avec l’ambition d’élaborer de grands vins.
L’audace
Faire le pari que sur le territoire français, malgré le travail d’identification des meilleurs terroirs réalisés par l’INAO depuis 1935, il existe encore des zones inexplorées et donc inexploitées qui méritent d’accueillir la vigne.
La compréhension du lieu et le temps nécessaire
Nos choix d’encépagement, nos origines de terroir et notre accompagnement de vinification sont identiques d’une année sur l’autre, cependant tous les ans, les années se suivent et ne se ressemblent pas sur le plan climatique. L’empreinte de l’année est bien là et nous y tenons. Nos vins sont sanguins et ont le caractère du terroir qui les voit naître. Ils portent l’empreinte de l’année et ont la gueule de l’endroit(1). Notre passion est dictée par une exigence de vérité, celle du temps qui permet à un vin tout au long de son élevage, d’exprimer sa minéralité, libérer son potentiel aromatique et affiner sa matière. Nous élaborons des vins qui sont l’empreinte d’un terroir, d’un climat et des êtres qui les accompagnent : ce sont des vins de mémoire.
Une exigence
Le vin est une offrande de la nature, elle est à la fois nourricière et hédoniste, sachons l’accompagner, l’apprécier et la respecter. Plus généralement, nous sommes animés par l’idée que tout est équilibre dans la nature et qu’il faut s’affranchir de tout stimulant artificiel ou de synthèse pour des rendements nécessairement faibles. Un vin non modifié artificiellement conserve bien sûr tout son caractère et sa typicité mais également bénéficiera d’une durée de vie beaucoup plus longue. Nos vins sont bien vivants et l’on doit respecter leur biorythme. Il en va ainsi dans notre décision de date des vendanges qui se décide au stade de la maturité phénolique la plus avancée quand, de vie fructifère à métamorphose fermentaire, la nature signe l’acte de naissance du vin. Respecter également le temps nécessaire pour laisser infuser les baies et ainsi quêter toute la richesse antioxydante contenue dans un raisin à pleine maturité. Une approche qui permet de s’affranchir presque totalement des sulfites ajoutés pour des vins parfaitement nourriciers.
Un positionnement sans compromis
Cette ambition d’élaborer de jolis vins sur ce terroir vierge a pris source avec des efforts continus pour accroître la biodiversité du domaine. Dans ce prolongement et tout naturellement il y a maintenant plus de quinze ans nous avons fait certifier en Agriculture Biologique (AB) l’ensemble des 45 ha du domaine au sein desquels se trouvent les 15 ha de vigne plantés. Dans une démarche d’aboutir à des vins d’une plus grande pureté, nous vinifions désormais la totalité de nos vins selon la certification Vins Méthode Nature (VMN) avec l’engagement d’élaborer des vins purs, singuliers et vivants mais dont la droiture et la précision constituent les gages de longévité si caractéristiques . Une gageure pour des vins à boire et à manger que l’on peut aussi mâcher et grumer sur des accords culinaires pour le plaisir de tous.
(1) Jacques Puisais, notre mentor, définissait ainsi, non sans truculence : «Un vin juste doit avoir la gueule de l’endroit où il est né et les tripes de celui ou de celle qui l’a fait »
20 ANS, TÉMOIGNAGES
Ils mettent en scène le lieu de naissance du vin, ils font partager les plus belles anecdotes sur les mille aventures vécues par la vigneronne ou le vigneron. Ce sont ceux qui donnent les conseils éclairés sur les conditions de service ou les plus beaux accords gourmands vécus ou imaginés.
Ils sont nos interprètes, nos missi dominici, c’est par eux que la magie opère.
Eux, ce sont nos amis restaurateurs et sommeliers, certains sont nos ambassadeurs depuis le début de la commercialisation des vins de la Chaume, il y a vingt ans. Ils ont eu la gentillesse de venir témoigner leur attachement à notre encontre à l’occasion de cet anniversaire des 20 Ans. Voici leurs plus beaux témoignages que nous vivons comme un encouragementà toujours aller plus haut.
Merci à eux.
Christopher COUTANCEAU ** | La Rochelle
M. Nicolas BROSSARD, directeur général
Bellae Domini 2006 & L’Encornet, Salsifis et Coing
« …Depuis près de 20 ans, Prieure la Chaume incarne pour nous la parfaite alchimie entre complexité et élégance… »
L’Atlantide 1874 * | Nantes
M. Julien PECAUD, sommelier
Bella Domini 2014 & Le rouget cuit au plat agrémenté d’une sauce au boudin noir
« … la magnifique cuvée Bellae Domini 2014, un vin au fruité intense aux notes légèrement poivrées et d’une grande complexité.! … »
La Robe * | Montaigu-Vendée
M. Alexis RODRIGUES DA SILVA, sommelier
Temoignage
« …la complexité de ces vins accompagne parfaitement la subtilité de ces plats… »
Le Georges * | Grand Monarque | Chartes
M. Nicolas DUCLOS, sommelier
Cuvée Bellae Domini 2014 & Lièvre à la Royale
« … Nous avons un vin de 10 ans qui montre une belle évolution et qui montre également un potentiel de garde… »
La Pomme d’Api * | Saint-Pol-de-Léon
M. Loïc CHOTARD, sommelier
Temoignage
« … Connu et reconnu pour la grande qualité de ses vins hors normes… »
L’Abissiou * | Les Sables d’Olonne
Melle Mélanie ROUSSY, directrice
Cuvée Orfeo 2006 & Dos de Cerf rôti, baie de Tasmanie
« … tout naturel pour moi de proposer les vins du Prieure La Chaume, tant par la qualité des vins qu’il m’a été permis de déguster, et qui mettent en valeur ce beau terroir Vendéen que par l’engagement du vigneron et de son équipe… »
Le Gavrinis * | Baden
M. Serge LIGNIERES, directeur
Cuvée Orfeo 2006 & Pigeon rôti sur coffre
« …Un régal, un grand moment de gastronomie, et surtout une belle découverte de ce terroir. Enfin surprise de l’assemblage des cépages et du millésime ! Association remarquable et inconnue ! »
LE MILLÉSIME 2024
UN MILLÉSIME DE RÉSILIENCE
Après un hiver 2023, inhabituellement doux, nous avons été gratifiés d’une pluviométrie hors norme du double d’une pluviométrie normale entre les mois d’octobre 2023 et celui de 2024. Une situation des plus favorables pour la croissance des herbes, la multiplication des escargots et l’entretien des foyers de mildiou.
Les douces températures du printemps permettront la sortie des premiers bourgeons de la vigne début avril et nous épargneront un gel de printemps. Par la suite, les températures resteront fraiches comparativement aux années solaires vécues entre 2019 et 2022. Progressivement elles entraîneront un retard végétatif de près de trois semaines jusqu’à fin juillet. Malgré notre vigilance accrue, la pression du mildiou et les premières taches apparurent sur feuilles dès mi-mai. Un mauvais prélude qui malheureusement, sous une météo toujours aussi instable et pluvieuse, entraînera une sévère attaque sur grappes dès la fin juin. Le cépage merlot dominant à La Chaume, particulièrement sensible au mildiou, sera le plus impacté avec un dessèchement progressif et inexorable des grappes. Notre équipe « vigne » travaillera sans relâche jusqu’aux premières vendanges fin septembre pour essayer de sauver ce qui pouvait l’être. Un travail harassant pour juguler mécaniquement les herbes envahissantes sous ceps et contrôler le plus longtemps possible un feuillage sain, lui seul étant susceptible, dans les phases finales de maturation de bien alimenter les raisins restants.
Un mois d’août plus clément avec de belles températures estivales, sans être caniculaires, permettra de mener à son terme la maturation de la récolte restante sur pied.
Une maturité souvent hétérogène sur grappe que seule notre vendange manuelle et tri des grappes au chai permettent de maîtriser avec rigueur. Un travail fastidieux et dispendieux nous assure encore une fois d’un joli millésime avec des vins bien équilibrés sur un volume qui malheureusement correspond au ¼ d’une récolte normale.
Plus que jamais, nos jolis stocks en élevage des millésimes précédents seront les bienvenus dans les mois qui viennent pour alimenter notre année de commercialisation.

PORTES-OUVERTES AU PRIEURE LA CHAUME DU 14 AU 30 DÉCEMBRE 2024
Le 14 décembre dernier nous avons fêté dignement l’anniversaire de nos 20 Ans d’existence commerciale des vins de LA CHAUME.
Une soirée où se sont retrouvés une centaine d’invités qui ont pu assister à une présentation de l’histoire de la création du Domaine, les grandes étapes de son développement et les valeurs qui y sont développées. Tous ont ensuite été conviés à un repas initiatique à la dégustation orchestré de main de maître par Jean-Michel DELUC (1). À partir du choix établi de trois vins de mémoire ; Orfeo 2006, Bellae Domini 2006 et Orfeo 2013, Jean-Michel a sollicité notre talentueux traiteur Teddy BRUSSEAU pour concevoir, dans une quête du goût juste, un dîner en trois temps. Une réussite et un moment inoubliable pour nos convives qui ont pu échanger et débattre tard dans la soirée de la variété et de la richesse gustative d’une telle expérience.
(1) Jean-Michel DELUC : 1994/1997, Maître sommelier du Ritz à Paris. Depuis 2011, sommelier cofondateur de la start-up française Le Petit Ballon en France.